N°:17198 - Audrey Ariane Magne en danger de mort pour avoir aimé une femme

30266 hits. Publier le : 10 Dec 2015

Littoral / Douala



La jeune fille de 22 ans est menacée de mort par sa famille et recherchée hâtivement par la police à cause de son orientation sexuelle. Elle est obligée de se cacher dans les hameaux pour éviter la prison. Depuis une dizaine d’années, le gouvernement camerounais traque même dans leur dernier retranchement les personnes soupçonnées pour pratique homosexuelle.

Elle est originaire de la région de l’ouest Cameroun. Née le 15 Aout 1993 à Bafoussam, son vrai calvaire commence après l’obtention de son Baccalauréat dans la même ville. N Sa région d’origine est réputée frondeur vis-à-vis des personnes qui ont choisi une autre orientation sexuelle. Les populations de ce côté sont profondément attachées à la tradition et aux us et coutumes. Jusqu'à date aucun autre peuple ne tient fermement les reines de la tradition sur l’ensemble du territoire comme ces ressortissants. Tout contrevenant aux dispositions traditionnelles est voué a une maltraitance, à la répudiation et peut même être poursuivi par les mauvais sors commandités par les ancêtres et autres gardiens de la tradition. C’est ce qui est désormais le compagnon de vie de la jeune Camerounaise Magne Ariane Audrey qui ne sait a quel sain se vouer voici un an que sa relation avec Brigitte a été mise sur la place publique.

En danger de mort parce qu’ ‘elle aime une autre femme
C’est à 13 ans qu’elle commence à définir son orientation sexuelle, elle était plus attirée par les filles que les garçons. Vivant à Bafoussam avec ses grands parents, ces derniers ont commencé par porter sur leur petite fille des soupçons avec l’une de ses camarades et copines Nanou qui se fréquentait. Cette proximité a rapproché davantage les deux amies au point ou elles ont fini par les attouchements qui sont devenus réguliers et habituels. Les deux tourtereaux qui pensaient être a l’abri des yeux ont été surpris un soir par la cousine d’Audrey alors que celles-ci regardaient avec beaucoup d’attention un film pornographique réalisé par les lesbiennes sur son portable. La mauvaise nouvelle a été portée aux grands parents et ces derniers n’ont pas manqué l’occasion de déverser leur colère sur Audrey Ariane Magne. Pour l’éloigner de sa copine, elle sera transférée chez un autre parent, sa tante chez qui, elle va finir ses études toujours à Bafoussam. Après son Bac dans la poche, elle va s’installer chez sa mère dans la capitale économique du Cameroun à Douala. En 2014, elle fait la connaissance de Brigitte dans son salon de coiffure au quartier Logpom. L’amour est parfait entre les deux. Les rencontres et les sorties sont fréquentes. « En Aout 2015 le jour de mon anniversaire, dans un snack bien connu à Bépanda nommé ‘’One to One’’, débordées par l’ambiance, nous nous sommes embrassées sans contrôle. Ce qui a attiré l’attention des gens qui n’ont pas tardés de nous faire la remarque ». C’est à partir de ce jour que nous étions sous les feux des projecteurs. De Bépanda à Logpom c’était devenu le sujet principal. Même cachée derrière les casquettes et autres coiffures, nous étions toujours démasquées, suivies et huées dans les rues. Les radios locales ont pris le relais pour annoncer les lesbiennes qui se sont amourachées en public dans un snack bar à Bépanda. Une enquête de police avait été ouverte à ce sujet.

La répression
La situation de la jeune camerounaise Audrey Ariane Magne s’apparente aux autres qui depuis une dizaine d’années connaissent des fortunes diverses devant la justice camerounaise. On peut évoquer le cas de Luna qui cette année et plus précisément en mars, a été torturée par son propre père alors que ce dernier l’obligeait à se marier à un homme. Après le refus de sa fille et des excuses en n’en point finir, il découvrira avec stupéfaction que sa fille aimait plus les femmes .A près la torture, il ira lui-même dénoncé sa fille au commissariat du 6e arrondissement de la ville de Yaoundé. De même que le copain de Laure Sabine Belinga Ekossono qui l’avait surpris en plein débat sexuel avec sa camarade Doris Ngambo ont été condamnées pour une affaire de lesbianisme par le parquet de Bonanjo et déférés à la prison centrale de New Bell. . Le 28 avril 2011 Jean Claude Mbedé avait été condamné à trois ans de prison ferme au cours d’une audience expédiée en dix minutes par un magistrat qui ne s’était pas donné la peine de justifier sa décision.
Dans le code pénal camerounais, l’article 347 bis stipule bien que :’’Toute personne ayant des rapports avec une personne du même sexe est passible de 06 mois à 5 ans de prison et de 200 000francs CFA. Si une des personnes a moins de 21 ans, la peine est doublée.’’

Ariane Audrey recherchée
La police est au trousse de Audrey Ariane parce qu’elle a eu la maladresse de se mettre avec une de ses copines, une certaine Brigitte, une coiffeuse de la ville de Douala. Elle est obligée de se cacher dans les hameaux de peur de représailles. Le fameux salon de coiffure est fermé. La mère de la jeune Audrey reçoit au fil des jours et en continue les principaux services secrets de renseignements et toutes les unités de la police camerounaise sur le sujet supposé de sa fille soupçonnée de pratique de lesbianisme. Elle a d’ailleurs décidée de ne plus répondre au téléphone des inconnus et n’ouvre la porte que quand elle a véritablement identifiée le visiteur. C’est donc la peur dans l’âme que vit toute cette famille à cause de la situation d’Audrey Ariane Magne désormais recherchée

Famille déshonorée et violations
Le sujet est tellement taboue que lorsqu’une famille apprend de source sure qu’un de ses membres est lesbienne, gay, homosexuel ou transgenre, cela jette un malheur et déshonore la famille devant tout le monde. L’intéressé ne peu donc plus aller chez un parent quelconque parce que n’étant pas la bienvenue. Dans un rapport de Human Rights Watch datant de 2013 recense de nombreux cas de torture et de mauvais traitements, dont des examens anaux, des violations de la nie privée et de l’homophobie flagrante de la part des juges et des responsables de l’application des lois. Dans la plupart des cas les accusée sont déclarés coupables souvent sur la base des preuves trop minces voire non existantes .Selon Paul Guy Hyomeni, le coordonnateur national des réseaux camerounais des organisations des droits de l’homme, toutes les personnes qui ont été déclarées coupables d’homosexualité n’ont jamais été pris en flagrant délit. Les personnes arrêtées ont été toutes été dénoncées ou elles ont attiré l’attention des autorités qui ont présumé leur homosexualité.
Comme on le sait au Cameroun, l’homosexualité est un délit, une honte, un danger mortel. Insultés par leurs voisins, rejetés par leurs familles, emprisonnées, condamnés par l’Etat, ces hommes et ses femmes vivent le calvaire

Ledoux PETHAUD




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CM Membre depuis Jun 2013
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